a La Roche les cailloux bougent !

Cette année la CIRO a décidé de mettre à l’honneur les clubs organisateurs, leurs dirigeants ; A tout seigneur tout honneur nous sommes allés à la rencontre du premier d’entre eux Jean-Pierre Brenon (JP pour les suiveurs). Fin janvier nous étions donc du côté de la Roche.
 
Et qu’est ce l’on retrouve ? JP sur son terrain en compagnie de quelques membres du club à poser des buses (toujours à l’ouvrage). Rappelez-vous, nous avions découvert ce terrain lors de la finale de la CIRO en octobre 2015. Il avait été largement « validé » par Vincent Hermance himself. Les pilotes de la CIRO avaient découvert un véritable Trial Park  moderne. Des zones à plat qui mixaient allègrement tous les matériaux actuels et faisaient la part belle aux transferts, grosses marches, …. Le terrain présentait aussi des zones de troncs qui demandaient beaucoup de précisions. Les zones pour les plus jeunes n’étaient pas en reste non plus.
 
L’occasion était trop belle pour aller écouter JP nous parler de son terrain, qui fera cette année l’ouverture ET la finale de la CIRO. Nous en avons profité aussi pour qu'il fasse avec nous le bilan de la saison  2016 (en co-responsabilité avec Daniel Jousset)
 
CIRO VTT-Trial : JP, encore en travaux ?

JP : Ouais, on a fait disparaitre les zones de pneux qui étaient inesthétiques et nous avons fait à la place, deux nouvelles zones (une zone R 2 à Elite) et une autre zone (R 3/R 4). Deux zones qui mélangent troncs, bloc béton et buses.
 
CIRO : On a remarqué d’autres changements

JP : Oui effectivement certaines zones se sont densifiées de nouveaux obstacles. Les pilotes vont trouver beaucoup de zones modifiées. Il n’y a qu’une zone de rochers qui n’a pas vu un engin et qui n’a pas été retouchée. J’ai la chance d’avoir au sein de la section des pilotes qui s’investissent beaucoup pour leur sport. J’ai aussi un encadrant qui sait conduire n’importe quel engin de chantier donc cela facilite l’aménagement. J’ai vraiment de la chance d’être bien entouré. On a fait une petite vidéo avec un drone et il y a déjà une page facebook de l’épreuve pour donner un aperçu de ce qui attend les pilotes le 16 avril.
 
CIRO : Ah génial. Bon on revient un peu en arrière. Tu viens de laisser ta place de co-responsable de la CIRO. Comment s’est passé cette saison 2016 à la tête de la CIRO avec Daniel Jousset ?

JP : Oui effectivement, Daniel Louessard et Benjamin Benoist ont désormais les reines de la CIRO. Je suis vraiment optimiste pour cette nouvelle saison. Pour ma part j’avais accepté d’assurer l’intérim avec Daniel sur seulement une année. Mais  cela a vraiment été une année très très spéciale. La fédé ne nous a pas facilité la chose. Il a fallu qu’en urgence nous proposions un règlement au niveau de la CIRO début février 2016,  pour la participation aux coupes de France ainsi que des manches qualificatives dont la première se déroulait début mars. Malgré cela cette saison s’est vraiment super bien passée avec Daniel. Nous avions une excellente complémentarité et nous avons beaucoup échangé sur les décisions que nous avions à prendre. Et franchement nous sommes souvent, voire toujours, tombés d’accord. Je souhaite la même entente à Daniel et Ben. Mais comme je l’ai dit plus haut, je les connais bien, je suis sûr que c’est un duo qui va fonctionner.
 
CIRO : Donc pour toi c’est une saison qui se présente bien...

JP : On a 7 épreuves. On a opéré quelques changements dans le fonctionnement de la CIRO. On a intégré deux représentants des pilotes. Ils vont nous aider pour la validation des tracés. On en avait besoin car c’est peut-être là où on n’a pas été très bon. Mais voir l’investissement des pilotes fait vraiment plaisir. Cela montre qu’ils nous soutiennent et qu’ils ont envie que la CIRO progresse et s’améliore. Sur le site de la CIRO il va désormais y avoir une page Facebook (déjà en ligne) pour avoir plus d’infos et être présent sur les réseaux sociaux.
 
CIRO : Pour conclure, que pourrais-tu nous dire sur le Trial actuel ?

JP : Oh là, là grande question. Ce que je constate : On a une politique fédérale élitiste qui fonctionne bien. La France récolte de nombreux trophées au niveau international.  Par contre je ne peux pas dire que les Coupes de France fonctionnent bien. Les « quotas » 2016 ont fait plonger la participation des pilotes. J’espère que la fédé va revoir sa copie. Je ne suis pas sûr que beaucoup d’organisateurs soient prêt à accepter de n’avoir que 100 pilotes. Cette « plongée » explique peut-être les difficultés de la fédé cette saison pour trouver un organisateur pour une manche d’ouverture de la saison nationale. Ce que je voudrais rajouter c’est qu’il y a vraiment un fossé entre nous, le travail des régions et la fédé. La base a besoin de soutien, de ne pas se sentir isolée, de reconnaissance, d’aide. Quand je vois que dans certaines régions c’est le désert au niveau trial, c’est pas normal. Il y a vraiment un travail de développement qui n’est pas fait. Des mômes qui veulent faire du trial il y en a mais si on dit aux parents il faut faire 100 km pour trouver un club, le terrain de foot c’est plus proche. Il faut développer des terrains, faciliter l’accès à la discipline. Développer un terrain pour débuter c’est pas très compliqué et ça coûte pas trop cher à la collectivité. Au club on a débuté avec quelques palettes, quelques rochers, quelques troncs et c’était parti. Souvent c’est de la récup. Pour les vélos c’est pareil, pas besoin d’avoir un bike à 2000 euros, aller vers de l’occasion. Pour les jeunes à 350/400 euros on trouve des bikes d’occase. Il ne faut pas ambitionner tout de suite un terrain avec des gros obstacles, des vélos chers. Ca viendra dans un second temps. Malgré tout notre discipline est fragile. Elle fonctionne avec des passionnés mais il faut que la fédé vienne vers nous, pour une véritable collaboration. Les pilotes internationaux viennent faire quelques piges sur les épreuves de la CIRO. Quand Vincent vient sur la CIRO, en plus de nous faire plaisir, il montre qu’il n’a pas oublié d’où il vient. C’est surtout un formidable message de soutien, de reconnaissance, d’encouragement. C’est cet aller et retour entre l’élite et la base qui renforce notre détermination à toujours continuer. C’est ce dont nous avons besoin.
 
CIRO : Bon quand est-ce qu’on te retrouve sur les zones ?

JP : Ah, ah, à la vache j’en ai vraiment c…. Les conditions à Clisson (finale de la CIRO en octobre dernier) étaient vraiment dures. En plus cela faisait trois mois que j’avais pas roulé à cause d’un mal de dos. Mais bon je voulais rouler avec les mômes et aussi montrer que le Trial n’est pas exclusivement réservé aux jeunes. Je me suis vraiment fait plaisir. Alors pourquoi pas, à d’autres occasions.